Parce qu’il nous est à tous déjà arrivé de nous retrouver dans des situations particulièrement stressantes ou tendues, sans disposer d’outils concrets et faciles à mettre en œuvre pour faire redescendre la pression, je vous propose une pratique magique tant ses effets calmants sont surprenants : Nadi Shodhana Pranayama !
Nadi Shodhana (Sodhana), le souffle purifiant
En sanskrit, Nadi signifie « canal » ou « tube », et Sodhana : « purification ». Mais si, pour bien des yoginis – qu’ils soient pratiquants des asanas ou du pranayama – la dimension subtile et énergétique des nadis est évidente, il n’en est pas de même pour les néophytes.
Voici donc une petite explication sur ce sujet précis. Nécessairement succincte et imparfaite, tant le sujet est vaste, déroutant, et prête à caution pour les Occidentaux que nous sommes. Même André Van Lysebeth dans son ouvrage PRANAYAMA, la dynamique du souffle le concède :

« … ce n’est pas le manque d’inspiration qui m’inhibait, mais la complexité d’un sujet aussi vaste que les nadis, comportant des notions si différentes de ce que nous savons en Occident. Comment aborder le sujet ? » A. V. Lysebeth
Selon l’Ayurveda, notre anatomie subtile est composée de 72 000 nadis, un peu à l’image des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise. Non pas qu’ils soient identiques – loin de là – mais ce parallèle permet une première approche pédagogique.
Ces 72 000 nadis permettent à l’énergie vitale, le prana¹, de circuler dans l’ensemble de nos corps, qu’ils soient physiques ou plus subtils, énergétiques. Parmi cet immense réseau de canaux, trois nadis principaux sont traditionnellement distingués : Sushumna, Ida, Pingala.
¹ Le prana désigne l’énergie vitale qui anime et traverse le vivant. Dans le yoga, il correspond à la force de vie véhiculée notamment par le souffle, et dont la circulation harmonieuse conditionne l’équilibre physique, mental et émotionnel.. Ayama signifie « régulation, maîtrise » ; Pranayama : « régulation du souffle vital ».
Ida, Pingala & Sushumna : les trois axes majeurs de circulation du prana

« Il nous suffit de savoir maintenant qu’Ida est le conducteur d’énergie dont l’origine est la narine gauche, et Pingala son homologue de droite, qu’à partir de chaque narine, ces « conduits », ces nadis rejoignent et longent la colonne vertébrale. Selon certaines traditions yogiques, ces nadis s’entrecroisent à plusieurs reprises en descendant vers le bas de la colonne vertébrale, traversant sur leur parcours quelques-uns des principaux chakras …/… » A. V. Lysebeth
La nature lunaire d’Ida
Ida est associé à la narine gauche et au côté gauche du corps. Il est relié à des qualités dites « lunaires » tel que le calme, la fraîcheur, l’introspection, la réceptivité. Sur le plan physiologique, ce nadi est mis en lien avec l’activation du système nerveux parasympathique, celui de la détente et de la récupération.
La nature solaire de Pingala
Pingala, quant à lui, est associé au côté droit du corps et à la narine droite. Il incarne les qualités dites « solaires » comme l’action, la chaleur, la vigilance, l’élan. Il est en résonance avec le système nerveux sympathique, mobilisé lors de l’effort, du stress ou de la mise en action.
Dans une vie équilibrée, ces deux courants alternent naturellement au fil de la journée. Mais en période de stress prolongé, de fatigue émotionnelle ou de surmenage, l’un des deux tend souvent à dominer l’autre, créant un déséquilibre intérieur perceptible tant sur le plan physique que mental.
Sushumna, l’axe central
Sushumna est le nadi central. Il circule le long de l’axe de la colonne vertébrale, du périnée jusqu’au sommet du crâne. Contrairement à Ida et Pingala, il n’est pleinement actif que lorsque ces deux polarités sont harmonisées. Sushumna est le canal de l’équilibre, de l’intégration et de la stabilité intérieure.
Nadi Shodhana Pranayama : la respiration alternée
Nadi Shodhana consiste donc à alterner sa respiration entre la narine droite et la narine gauche – sans rétention de souffle -, de façon à équilibrer le courant pranique passant entre les deux narines, et de purifier tout le réseau des nadis.
Pour alterner la respiration entre votre narine droite et votre narine gauche, vous devez positionner vos doigts d’une certaine manière, en « Vishnu Mudra » : repliez l’index et le majeur contre la paume de votre main. Le pouce libre servira à boucher votre narine droite, et l’annulaire et l’auriculaire serviront à boucher votre narine gauche.

Pour démarrer votre pranayama, installez-vous confortablement sur une chaise ou en position de méditation, dos droit, épaules ouvertes et lordose naturelle sans forcer. Puis :
- Expirez profondément pour vider vos poumons.
- Bouchez votre narine droite et inspirez par votre narine gauche.
- Bouchez votre narine gauche et expirez par votre narine droite, puis inspirez par votre narine droite.
- Bouchez votre narine droite et expirez par votre narine gauche, puis inspirez par votre narine gauche.
Et reprenez le cycle 3 à 4 en boucle, durant toute la durée de votre pranayama.
L’effet direct sur le stress et les tensions de Nadi Shodhana
En alternant la respiration d’une narine à l’autre, Nadi Shodhana favorise une harmonisation progressive des deux courants énergétiques que sont Ida et Pingala. Le souffle devient un médiateur, un régulateur naturel entre agitation et relâchement, entre tension et apaisement.
Au-delà de sa lecture énergétique, Nadi Shodhana possède des effets très concrets sur le plan physiologique : en favorisant une respiration consciente, ce pranayama stimule le système nerveux parasympathique, responsable de la détente et de la récupération. Le rythme cardiaque se régule, la pression intérieure diminue et le mental s’apaise.
Pratiqué régulièrement, il aide à relâcher les tensions liées à la charge mentale et émotionnelle. C’est une respiration qui invite à déposer ce qui pèse, sans avoir nécessairement besoin de le comprendre ou de l’analyser.
Une pratique simple à intégrer au quotidien
L’un des grands atouts de Nadi Shodhana Pranayama réside dans sa simplicité. Il peut être pratiqué assis sur une chaise, au sol, ou même avant un moment important : prise de parole, rendez-vous stressant, fin de journée chargée. Quelques minutes seulement, suffisent pour ressentir un changement d’état intérieur.
Et maintenant, c’est à vous de pratiquer !
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